Nos enfants et la nature

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Presque chaque week-end, pendant les vacances scolaires ou la relâche on part s’évader en famille dans la forêt. Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours passé énormément de temps dans le bois! Normal, mon père maintenant retraité, était entrepreneur forestier. Il faisait de la prospection de terrains, en faisait la coupe de bois et les revendait en petits lots. Mon père, c’est le genre d’homme qui connaît toutes les essences d’arbres, qui a un sens de l’orientation en forêt hors du commun et qui connaît chaque espèce d’animal et ses caractéristiques. Des lacs et des rivières, il m’en a fait voir énormément! Plus jeune, j’ai remonté des ruisseaux, bottes de pluie aux pieds et sac au dos. J’en ai retourné toutes les roches pour découvrir les insectes et reptiles qui s’y cachaient. J’ai attrapé des grenouilles et des petits poissons, j’ai observé des tortues, des castors, des lièvres et des chevreuils. On a même opéré une petite érablière familiale pendant un temps et eu un chalet en bois rond, sans eau courante ni électricité. Ce sont de loin mes plus beaux souvenirs. Parlez-en à mes amies d’enfance qui nous accompagnaient souvent pour un week-end, je suis certaine qu’elles en gardent d’aussi bons souvenirs que moi.

 

Tout naturellement j’ai voulu faire connaître la même chose à mes enfants. Il y a quelques années, mon mari et moi avons construit avec l’aide de mon père et d’autres membres de la famille, une jolie cabane en bois rond sans eau courante ni électricité aux abords de la rivière Ouareau. On l’a fait à la dure! On a épluché chacun des arbres qui en compose les murs et on a tout monté nous-mêmes. Les enfants ont appris qu’au début de l’été l’épinette et le sapin se gorgent de sève entre l’arbre et l’écorce de sorte qu’on peut facilement retirer l’écorce un peu comme on épluche une banane. Maintenant que la construction est terminée, on prend un réel plaisir à y passer une grande partie de nos week-end et de nos vacances.

 

 

J’ai remarqué au fil du temps que mes enfants sont plus faciles à vivre là-bas qu’à la maison. Mon plus vieux entre autres; Louis est un garçon plein d’énergie, un brin colérique, qui carbure au sport et à l’activité physique. Lorsqu’il s’ennuie et qu’il ne canalise pas cette énergie, il a tendance à agacer tout ce qui bouge dans la maison. Surprenante constatation, lorsque nous sommes au chalet c’est tout autre chose. Il est si occupé à jouer dans la forêt, à découvrir, à explorer qu’il n’agace personne. J’ai aussi observé beaucoup plus de jeux collaboratifs, de bonne entente, de beaux projets et de fins de soirée écourtées par la fatigue extrême. Lorsque nous sommes au chalet, j’ai soudainement plus de temps pour moi puisque les enfants s’occupent seuls à jouer librement. Je me suis donc mis à m’intéresser à cette relation entre les enfants et la nature. J’ai lu quelques livres, The last child in the wood de Richard Louv et Perdus sans la nature de François Cardinal pour ne nommer que ceux-ci et j’ai pris conscience de beaucoup de choses. D’ailleurs, chaque parent devrait lire le livre de François Cardinal. Facile à lire, il apporte une très belle prise de conscience sur une foule de chose.

 

Nos enfants ont besoin de canaliser leur énergie et leur stress puisque, comme le dit si bien Sonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain et directrice scientifique du centre de recherche Fernand Seguin rattaché à l’Hôpital Louis-H Lafontaine, le stress des enfants s’emmagasine, comme une sorte d’« énergie dans le ventre ». Mine de rien, nos enfants vivent chaque jour des petits ou des plus grands stress, que ce soit une chicane avec un ami, une mauvaise note, une dispute avec les parents ou même un divorce.  Si l’enfant « ne la perd pas, cette énergie, c’est dans le cerveau qu’elle va se retrouver, ce qui aura des effets négatifs sur sa capacité d’apprendre, de mémoriser, sur sa régulation émotionnelle. » Le rapport à la nature est donc ultra important, car c’est dans la nature que l’enfant est le mieux placé pour jouer librement et canaliser cette énergie. Comme mon grand Louis qui se sent si bien dans la forêt et qui a moins besoin d’agacer pour évacuer sa grosse boule de stresse et d’énergie. Une étude publiée en 2008 dans le Journal of Attention Disorders a révélé qu’une marche de 20 minutes dans un espace vert permettait aux enfants atteint de TDAH de recouvrir une capacité de concentration se rapprochant beaucoup de celle des enfants n’ayant aucun trouble. Andrea Faber Taylor, coauteur de l’étude et professeure à l’Université de l’Illinois dit avoir « constater que l’effet d’une dose de nature était aussi prononcée, sinon plus qu’une dose de médicaments. »

 

Vous vivez en banlieue et la nature vous semble difficile d’accès?

 

Sans qu’on s’en rende compte, la nature disparait de façon progressive de la vie de nos enfants. Malheureusement, cette disparition n’est pas sans impact. Leur santé mentale et physique s’en trouve affecté et ce de façon majeure. L’augmentation de l’obésité et et des cas de TDAH en sont d’excellents exemples. Sachez que vous n’avez pas besoin de vous isoler au fin fond du bois sans électricité et eau courante comme nous le faisons pour reconnecter avec la nature. En fait, la nature c’est votre cours arrière ou encore le parc au coin de la rue. Mais si vous pouvez vous le permettre, profitez des vacances pour vous y perdre un peu plus loin ou un peu plus longtemps:

 

  • Louez un chalet

Les sites de location de chalet sont nombreux, de Chalet à louer à Airbnb. C’est très facile de trouver un endroit où vous évadez et où vos enfants pourront jouer librement. Jouer sans structure et trop de surveillance parentale. S’inventer un monde, se faire une cabane avec des branches de sapins, bref, donner libre cours à leur créativité.

 

  • Rendez-vous dans un parc naturel

Une randonnée en sentier, un pique-nique dans une montagne. Toucher, sentir, palper la nature! Pourquoi ne pas utiliser notre petite combine Chasse au trésor dans la nature comme levier d’exploration. Visitez la SEPAQ pour trouver un endroit près de chez vous.

 

J’ai découvert cet endroit extraordinaire lors de la semaine de relâche. C’est l’endroit idéal pour découvrir les espèces animales du Québec. En plus, c’est seulement à 30 minutes de Montréal. Comme le dit si bien François Cardinal dans son livre, « les études montrent que les enfants peuvent appeler les Bakugan et les Pokémon par leur prénom, mais sont incapables de nommer les arbres, oiseaux et plantes par leur nom. » J’ai bien l’intention de visiter cet endroit plusieurs fois par année pour que mes enfants puissent constater par eux-mêmes à quel point les animaux changent selon les saisons. Même que certains dorment carrément tout l’hiver. L’endroit est facile d’accès, les animaux vivant dans un environnement naturel semblent bien traités et en santé.

 

         

  • Faites un jardin

C’est une très bonne façon de développer les connaissances de votre enfant tant au niveau de l’apport de la nature sur notre alimentation mais sur l’alimentation elle-même. Un petit jardinet ou même quelques pots sur le balcon de votre logement peuvent faire l’affaire.

 

 

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  • Excellente idée l’Éco-musée! Bien hâte d’y aller :)

    Natacha Leblanc-Gagnon le

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