À la sauvegarde du jeu libre et du temps de l'enfance!

15 May, 2018

C'est fou comme nos semaines sont remplies: le travail, le lavage, le ménage, l'épicerie, les devoirs, la vie sociale, le 15 minutes de course à pied trois fois par semaine, les bains, la lecture d'histoires quotidiennes, la préparation des repas (équilibrés bien entendu!), l'entretien du terrain, la rotation saisonnière des vêtements et des articles de sports, la visite des grands-parents, alouette!

Lorsque mes beaux-parents ont proposé de payer pour l'inscription de notre plus vieux à un cours de piano, nous avons longtemps hésité. On avait vraiment envie que nos enfants apprennent la musique, mais on avait un peu peur de s'embarquer dans l'horaire d'un cours régulier et de perdre ainsi notre liberté (du moins, ce qu'il en restait!). Si Louis faisait du piano, allions-nous permettre à Laurier de jouer au hockey, et à Simone de faire du patin artistique? À vrai dire, on n'avait AUCUNE envie d'inscrire nos enfants à une série d'activités parascolaires et d'ajouter des tâches supplémentaires à notre horaire déjà très chargé. Devant l'enthousiasme de Louis, on a toutefois fini par accepter. Par contre, on en a profité pour mettre en place une politique familiale très stricte en lien avec les inscriptions aux différentes activités parascolaires, le but étant de conserver cette liberté, ce précieux temps libre qui nous permet de nous retrouver tous ensemble.

Cette politique est basée sur quatre critères:

  • L'activité doit se tenir en semaine.
  • La fréquence de celle-ci ne doit pas être de plus d'une fois par semaine.
  • L'activité doit se tenir dans notre ville.
  • Chaque enfant n'a le droit qu'à une seule activité à la fois.

Dans notre emploi du temps souvent minuté, on finit bien souvent par être stressé et fatigué. De façon insidieuse, on se retrouve pris dans une espèce de course à l'excellence parentale et, avouons-le, c'est parfois lourd à porter. À force de vouloir être de bons parents, j'ai l'impression qu'il nous arrive d'en faire trop! Qu'à trop chercher à bien faire, on finit par trop faire, et que tout compte fait, on occulte les petits moments de disponibilité pour nos enfants: ces petits moments de liberté, loins du stress, qui sont de formidables prétextes à la tendresse, à la créativité et à la spontanéité. Ces samedis matin lâches à s'ennuyer jusqu'à midi, et à finalement décider d'aller faire une marche jusqu'au parc, en passant par l'épicerie pour aller chercher quelques fruits et grignotines pour manger sur l'herbe. Ces moment où nos enfants nous crieront 14 fois « Regarde maman », où nous quitterons notre livre des yeux quelques secondes pour leur dire « Bravo! » pour finalement nous replonger dans notre lecture. Ces moments qui font que nos enfants se sentent libres! Parce que ce sentiment de liberté est, à mon avis, le propre de l'enfance. Il les quittera beaucoup trop vite avec l'arrivée de nouvelles responsabilités, autant le préserver quelques années.

Élisabeth Simard du blogue Ruban Cassette (que j'aime d'amour!), dans son livre « Vivre simplement », a mis de très beaux mots sur quelque chose qui guide toutes mes réflexions: un genre de mantra, qui oriente la plupart des décisions que je prends au quotidien. Elle le formule comme ceci: « J'ai toujours à l'esprit les raisons pour lesquelles je fais cela: pour être une mère plus calme, plus posée, plus présente. » C'est pour être cette mère plus calme, posée et présente que j'ai mis en place cette politique d'inscription aux activités parascolaires. Je me connais, lorsque les obligations me sortent par les oreilles tellement ma charge mentale est grande et que mon cerveau surchauffe sous le poids de tout ce à quoi je dois penser, je ne suis pas vraiment disponible pour mes enfants. Je ne suis plus cette mère légère et ricaneuse qui les taquine, je ne suis plus cette amoureuse qui pense à porter de petites attentions à son conjoint, je deviens la mère stressée qui pousse son petit de peur d'être en retard, qui trouve que personne n'en fait suffisamment dans la maison, qui manque de tolérance face aux bruits et aux disputes, bref, qui stresse tout le monde!

Lorsque je prends le temps de vivre ces instants de liberté sans chercher à en faire plus, lorsque je laisse tomber certaines exigences parentales pour vivre librement et être avec mes enfants, c'est toute la maison qui change de rythme. Créer, jouer, rêver, raconter, s'ennuyer en toute liberté sans « direction extérieure », sans vouloir « remplir le vide », comme le dit Eve Hermann dans son livre Grandir Autrement. N'oublions pas que le jeu libre est une chose importante, une riche source d'apprentissages pour nos enfants. Le jeu n'est pas futile, bien au contraire. À travers le jeu libre, les enfants bougent énormément et comblent leurs besoins en activité physique.

Si vous désirez que vos enfants fassent du sport, laissez à leur portée des ballons, du matériel sportif, des cordes à sauter, des vélos, des trottinettes. Laissez-les grimper aux arbres, sauter par- dessus les chaises de patio, grimper sur une table à pique-nique, créer un parcours à obstacles avec des bûches de bois. Si vous avez à coeur de développer leur estime d'eux-mêmes et leur esprit sportif, jouez avec eux, ne les laissez pas toujours gagner, soulignez leurs victoires. Pour ma part, je suis certaine que si mes enfants sont si collaboratifs, c'est entre autres dû à cette disponibilité que j'ai pour eux. C'est à cause de cette liberté que je leur laisse, de la spontanéité que j'ai développée grâce aux cases vides sur notre planificateur familial. C'est parce que j'ai le temps et le loisir d'écouter leur « Regarde, maman! » ou leur « Maman, viens voir! ». C'est parce que j'ai du temps (et de la patience) pour sortir la peinture et les pinceaux le dimanche matin afin de faire des créations artistiques avec eux. C'est parce que je n'ai pas peur d'aller échanger quelques balles de baseball avec eux (même si je suis très nulle! haha!). Lorsque je leur demande de participer, ils sont beaucoup plus collaboratifs, ils réalisent très bien que nous, leurs parents, participons à leurs jeux et cela leur donne envie de nous rendre la pareille. Je crois que c'est ce qu'on appelle l'esprit de famille.

 

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